PARADOXE #2 MOI ET MES SIGNES DE MERDE

f45288ab1dae6777d904dbcf63ac0a1d-2.jpg

Je suis pour les signes,vous le savez déjà. Oui on se connait bien vous et moi ( je tente une approche plus intime avec mon lecteur, 2016, année de l’amour, on se fait des câlins tout ça tout ça) (parlez moi de vous)(je veux tout savoir)Donc j’aime ça,les symboliques des petits moments de la vie, toute cette poésie que l’on se crée en solo. Les moments cinéma.

Cependant, il y a certaine circonstances où il serait bon de ne pas voir ce que l’univers montre, où juste il serait bon de voir les choses pour ce qu’elles sont au sens propre et ne pas s’en faire 115 déclinaisons.

Explication.

6 février 2015, retour en France après 13 mois au Texas. Octobre 2015, achat de billets d’avion sur Opodo pour une semaine de retrouvailles intenses avec les Texans.

Qui dit billets moins chers (à dire vite quand même) dit 2 escales : Paris - Copenhague - Chicago - Dallas. Admettons.

Plusieurs semaines s’écoulent. Nouveau mail Opodo. Modification de l’itinéraire : Paris - New York - Dallas . Oh really? OKAY COOL.

Un mois avant le départ, je rend tout mon entourage dingue avec mon décompte. Une semaine avant le départ, je rend tout mon entourage dingue avec ma peur panique de l’avion. Environ 46 essais de testaments écrit à cette même période. Life is too good, I don’t want to die.

Veille du départ. J’ai peu dormi, ma valise se rempli lentement aux alentours de 23h, et c’est à ce moment là que ma respiration se coupe. Je n’ai pas fais ma demande d’ESTA (visa temporaire, truc assez important connaissant la sécu des states). Un milliard de choses se passent dans ma tête/mon bide/mes yeux/mon ventricule droit/mes poumons en quelques secondes. Et surtout une vision infâme d’une foule de Nelson me pointant du doigts, se moquant de mon étourderie et riant à gorge déployée sur mon départ manqué.

Je tente de reprendre mon souffle et d’agir vite. CQFD : j’harcèle ma pote pour qu’elle me rassure. ESTA disponible rapidement.

Ma peur démesurée défini aussitôt cet oubli comme un fucking signe, celui qu’il ne faut pas que je prenne l’avion car celui ci va se crasher dans l’océan, je mourais dans d’atroces souffrances et tout le monde continuera de vivre et de rire alors que moi je serais manger par un poulpe. True story.

Jour J. 5h du mat’ (j’ai des frissons), mon petit Papa déboule, on se carapate pour Charles de Gaulle. Terminal je ne sais plus combien. Je suis surexcitée et beaucoup trop fatiguée. Je présente mon billet.

« Vous n’avez pas de billet Madame »

Outch.

Le mail Paris-New York-Dallas est un fake. Et le mec en face, si peu débrouillard, me fait paniquer davantage. Pas si étourdie, je présente l’autre vol, le premier. (après 15 bonnes minutes de presque chialage totale) On m’indique un autre Terminal. Le timing est bon. Je fonce. Autre signe qui montre clairement par A+B que je ne devrais pas monter dans un avion. A+B. Le petit papa a déjà perdu 15 kg de sueur tant je lui ai transmis tout mon stress, et je me suis vu me cacher pendant une semaine, à photoshoper des photos de oim avec la famille texane, camouflant ainsi le mal.

Je monte. Tout roule.

2nd vol retardé de 3h. L’univers n’est pas chaud pour que je traverse l’océan. Poulpe tu ne me boufferas point!

L’avion déboule enfin. Je monte.

Who’s sitting next to me? UN PRETRE. Total look de la peur version catholique. Col blanc et robe noire, plus super vieille odeur de vieux monastère sans eau chaude.  Guys, j’ai rien contre la religion, mais là ça fait beaucoup trop de signes m’amenant ailleurs que sur la terre ferme. Imaginez le mec avec sa Bible et ses prières régulières pendant les turbulences, et maintenant imaginez moi, pendant 9h de vol.

Bon après évidemment j’ai manqué mon dernier avion. Et puis j’en ai eu un autre. Et me voilà aujourd’hui, en train d’attendre mon vol retour. Si vous pouvez lire ceci, c’est que je suis en train de saouler mes potes avec cette histoire et que le poulpe crève la dalle.

So on va un peu arrêter les signes,  let’s just enjoy :)